
source= François X Côté
AVERTISSEMENT: je ne suis pas un économiste, et je n’ai pas envie d’endetter la Ville à coups de milliards. Mais pour avancer ça prend des brainstorming, et des absolus.
Ça fait quelques mois que je retiens cette idée. Au départ je pensais présenter un mémoire aux audiences publiques du Plan Vert-Bleu-Blanc, avec Le Cercle et des architectes de Québec. Mais on s’est vite apperçu que ça cadrait peu avec l’optique du Plan. Samedi matin, en lisant l‘article du Soleil sur l’idée de relocaliser le Marché du Vieux-Port derrière la Fabrique, avec citations de Pierre Thibault, je me suis dit que l’idée était mûre. Pas pour être réalisée demain matin, mais au moins pour être lancée.
C’est quoi l’idée? Cacher un tronçon de Charest sous un parc, depuis les bretelles de Dufferin jusqu’à la rue Caron ou Langelier, et relier ce parc à la rivière St-Charles via une allée verte, par exemple la rue du Parvis. Fred Gauthier du Cercle/Utopie ajouterait: bâtir un nouvel ascenseur du Faubourg qui soit vitré, pour admirer le paysage…
L’inspiration me vient de Valence, en Espagne, où ils ont fait un projet similaire. Ça a permis la fameuse Cité des arts et des sciences de Calatrava. Il est important de noter, dès le départ, qu’à Valence le succès ne repose pas sur le simple fait de cacher une autoroute, mais surtout dans l’utilisation audacieuse du nouvel espace créé. Par cette intervention la ville, qui était fracturée sur des kilomètres, a retrouvé une nouvelle cohésion. Et, dans leur cas, ils se sont payé un joyau architectural comme cerise sur le sunday, question de donner une plus value à leur geste.
Sur le plan de l’ingénierie, à certains endroits ils n’ont même pas fait de tunnel: l’autoroute a été descendu quelques mètres plus bas et ils ont installé une dalle sur le dessus, avec ouvertures sur les côtés.
Le boulevard Charest empêche la vie de se développer dans St-Roch. Comment voulez-vous renouveler le tissu communautaire sur le bord d’un truc pareil? C’est comme la verdure sur les bretelles de Dufferin: ça ne pousse pas. Charest dans St-Roch c’est misérable, on s’en va nulle part. Non seulement on a la falaise pour séparer la haute et la basse ville, et des installations culturelles qui ne font pas le poids face à la haute ville, mais en plus il y a des chars partout alors que le quartier est configuré pour se vivre à échelle humaine.
Le potentiel est là: la rivière St-Charles d’un côté, le Bassin Louise juste au bout, des rues étroites, le parc au coin Charest et de la Couronne, la proximité de St-Jean-Baptiste et du Vieux-Québec. Mais ça ne rime à rien avec un boulevard qui coupe le quartier en plein milieu.
Pour devenir un quartier vivable, pour attirer plus de jeunes créatifs, St-Roch a besoin de verdure, de calme, et de réels attraits. Un grand parc, une bande verte d’un bout à l’autre du quartier changerait celui-ci de fond en comble. St-Roch ne serait pas seulement moins laid: il pourrait devenir un attrait majeur de Québec.
Et parlant d’attrait: je ne crois pas tellement à la mégalomanie architecturale. Présentement la planète croule sous les buildings tous plus prétentieux les uns que les autres. Mais ce serait intéressant de faire de ce nouvel espace un audacieux parc de sculptures, d’y planter des jardins créatifs. Après tout, si Québec ne dispose pas d’un Calatrava, nous avons quand-même Pierre Thibault, une autorité dans le domaine de l’aménagement de jardins de sculptures. Outre les jardins de l’Espace 400e et plusieurs autres projets, rappelons-nous qu’il avait occupé rien de moins que les Jardins des Tuileries en 1999… Thibault est l’un des architectes canadiens les plus reconnus, il a gagné le Prix de Rome et enseigne au MIT. Or, il n’a pas d’oeuvre majeure à Québec. Il saurait comment tirer profit d’un tel projet pour mettre Québec sur la carte, été comme hiver.
Bref, les statistiques démontrent que les jeunes branchés restent dans St-Roch jusqu’à ce qu’il fondent une famille. La famille est l’un des défis ultimes au développement du quartier. Et ça m’étonnerait que l’on puisse renverser la vapeur sans continuer d’enlever de l’asphalte et du béton au profit de la verdure. Et puisque Québec a besoin de gestes forts en général, et d’attraits pour St-Roch en particulier, peut-être y a-t-il là des pistes à explorer. Après tout, est-ce que la basse-ville n’a pas, elle aussi, droit à son Parc des Plaines? Les Plaines de St-Roch…
Pourquoi creuser? c’est ce qui coûtera une fortune…
On ferme ce tronçon de route, et on y fait circuler un axe de parcours de l’indispensable tramway.
Ce n’est pas un bout si long qu’on ne puisse pas le marcher pour se rendre aux stationnements à proximité, aux autoroutes, etc.
On est encore dans le brainstorming, bien sûr… je comprends bien que cela poserait bien d’autres problèmes… mais sont-ils vraiment plus graves que ceux que nous rencontrons maintenant? Ou même en enfouissant ce bout de boulevard?
Merci François de nous ouvrir, une fois de plus, les esprits.
Rendu là ça dépasse mes compétences… Mais c’est clair que si le quartier pouvait se passer de ce tronçon de Charest, point, ça rendrait le projet plus simple à faire et plus agréable à vivre.
Y a pas un aménagiste ou un urbaniste qui pourrait nous dire si c’est faisable?…
ps: je conserve précieusement ton Creative Cities jusqu’à ce qu’on se voit.