Saint-Roch: le futur terrain de jeu techno des ti-culs de Québec?

source= simonk
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Dans Le Soleil ce matin, on apprend que le musée au grand nom, le Musée national des beaux-arts du Québec (7 mots bien comptés) lancera bientôt un concours international d’architecture pour son agrandissement. C’est maintenant officiel, le projet se fera.

Le MNBAQ (prononcer «Menebaque ») est un réel porte-étendard pour Québec sur la scène internationale, et un superbe exemple de muséologie classique. Personnellement ça me fait penser à la fois au Fogg Art Museum de Harvard et au Musée Fabre de Montpellier. Et côté récupération d’un amoncellement hétéroclite de bâtiments, ça va désormais battre Méduse.

Je ne peux m’empêcher de me demander quelle sera la place des arts médiatiques au sein de la nouvelle configuration de l’institution. M. John Porter défend l’idée depuis longtemps mais, sauf erreur, il n’y a rien de précis dans la présentation du projet. M’est avis que ça en fera partie, c’est incontournable.

Avec cet agrandissement, le MNBAQ va d’autant plus s’imposer comme l’espace de diffusion de ceux qui réussissent en art à Québec. LE rubber stamp qui valide les portefolios. Donc, à moins d’un sérieux contrepoids qui n’existe pas encore, ce sera le cas aussi en arts dits médiatiques. Partant de là, il y a un risque que Saint-Roch devienne la salle de bricolage techno des ti-culs de Québec, le terrain de jeu. Je dis des ti-culs, parce que ceux qui font une maîtrise ou un doctorat bricolent dans les laboratoires de l’Université Laval, avec tout ce dont ils ont besoin, parfois plus.

Ça me fait penser à Montréal: la Fondation Langlois en haut de St-Laurent, et la SAT en bas, dans le Red Light. Hexagram Concordia et le Centre for Interdisciplinary Research in Music Media and Technology (CIRMMT)  chez les riches, et Hexagram UQAM chez les pauvres. Il ne s’agit que d’analogies faciles, mais n’empêche.

Cette question d’un contrepoids dans Saint-Roch à une polarisation géographique déjà bien implantée m’apparaît soudainement importante. C’est une évidence mais ça ne fait pas longtemps que je m’intéresse à toutes ces questions. Loin de moi l’idée d’en faire d’emblée la promotion, mais il faudrait un lieu fort de bricolage  et de diffusion dans Saint-Roch, quelque chose qui dépasse considérablement ce que l’on connaît actuellement en termes d’infrastructures et de programmation, pour donner à Saint-Roch le droit de citer officiellement. Sinon ça risque d’être une cité de hackers, à tout le moins du côté des arts numériques. Une cité de hackers serait, certes, un gage d’innovation et de créativité. Mais si Soho inspire officiellement le projet Saint-Roch technoculture (le titre de travail était au départ Soho technoculture) alors on parle du Soho des années 70, pas de celui d’aujourd’hui.

Je viens de comprendre pourquoi l’idée, encore indéfinie, d’un complexe multimédia est dans les cartons du maire et du projet Saint-Roch technoculture.

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Auteur: François X Côté
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