Comment se payer une Silicon Valley à Québec?… Une solution à neuf zéros signée Paul Graham

source= SkipSteuart

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Du vrai bonbon pour qui veut rêver un peu en temps de crise…

Paul Graham, un pionnier du Web et un partenaire de Y Combinator, explique ici comment se payer une Silicon Valley. En gros, cela prendrait l’équivalent d’un stade (entre 300 millions$ et un milliard$), de quoi financer entre trente et cent des plus prometteuses startups du monde, à 1 million$/pièce, et les inciter à déménager dans notre ville. Ensuite ça passe ou ça casse. Ce serait le plus sûr moyen de démarrer une synergie en 3-4 années — le temps d’un mandat– puis de la voir se développer.

Resterait  ensuite à espérer qu’un bassin de citoyens riches se développe à Québec et qu’il tisse des liens étroits avec nos Universités. Et voilà! Qui veut tenter la chance? Il nous faudrait au moins un 100 millions$ de seed money pour partir la machine. Mais peut-être que ça rapporterait plus que des Jeux olympiques… Peut-être que ça ne rapporterait pas une cenne.

On rigole, mais ce papier de Graham est peut-être plus censé qu’on oserait se l’avouer. Et il met l’accent sur l’élément clé d’une startup: LE RISQUE. Toutes les universités et les villes d’une certaine importance voudraient se payer une Silicon Valley. Facile d’annoncer qu’elles veulent faire spinner la scène des startups locales. Mais peu d’entre elles sont prêtes à prendre des risques. Des vrais, des gros. Sont-elles capables d’embrasser l’esprit de la startup, ou seulement de se féliciter pour les innovations qui se font souvent malgré elles? Est-ce leur mandat d’embarquer dans de pareilles aventures?

Autant le maire Labeaume que Robert Lepage ont fait allusion à la Sillicon Valley dans la présentation de leur vision du futur de Québec. Or, Silicon Valley n’a pas décollé dans les années 1970 simplement avec un bon bar, un bon resto et un bon cinéma: ça a pris des universitaires et du fric. Côté universitaires, Québec se défend assez bien. Mais on n’est pas très riches. Il faudrait risquer gros pour se payer Saint-Roch Valley.

Mais bon, s’il suffisait d’un milliardaire qui se cherche une cause? Vous voulez laisser votre nom à la nouvelle ère du Web mobile (en passant, « 2,0 » c’est fini)? Venez investir un milliard à Québec et on s’occupe du reste. Sauf des résidents de la Côte de la Montagne, pour lesquels on ne répond de rien.

Pour terminer, un petit questionnaire, tiré du texte de Graham, afin de juger des conditions facilitantes à l’appâtage de startups. À noter que l’auteur prend pour acquis que notre ville est anglophone:

« (…) It will be easier in proportion to how much your town resembles San Francisco. Do you have good weather? Do people live downtown, or have they abandoned the center for the suburbs? Would the city be described as « hip » and « tolerant, » or as reflecting « traditional values? » Are there good universities nearby? Are there walkable neighborhoods? Would nerds feel at home? If you answered yes to all these questions, you might be able not only to pull off this scheme, but to do it for less than a million per startup. »

Merci à Samuel pour le lien.

3 Réponses vers “Comment se payer une Silicon Valley à Québec?… Une solution à neuf zéros signée Paul Graham”


  1. 1 Clément Laberge mars 3, 2009 à 08:56

    Il y a quelques jours tu citais Jaime Lerner qui dit:

    « Creativity starts when you cut a zero in your budget »

    Dans ce cas, il faudra commencer par en enlever trois des zéros.

    Et tant mieux, ça nous forcera à imaginer autre chose que Sillicon Valley. À inventer un concept de ville, en s’inspirant des autres, sans pour autant les prendre pour modèles.

  2. 2 François X Côté mars 3, 2009 à 10:02

    C’est ce que j’aime: les idées s’affrontent, il n’y a pas une seule bonne réponse, tout le monde a raison et tout le monde a tort. Et c’est intéressant d’opposer des extrêmes.

  3. 3 François X Côté mars 4, 2009 à 07:23

    Une vingtaine de commentaires sur ce billet sont disponibles sur quebecurbain


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